Imagine-toi le tableau:
T'as un logement, une turne, un gîte, une roulotte, un nid, un clapier, c'que tu veux. Bref, t'as un toit et quatre murs. Si c'est pas le cas tu peux pas comprendre alors fous-moi le camp d'ici et va clocharder ailleurs! Et bon alors, ce chez-toi, t'y es pas retourné depuis deux ans. Pour une quelconque raison; t'étais trop blindé pour retrouver la route, ta piaule a changé d'adresse sans te prévenir, la salope, ... 'fin bref, démerde toi comme tu veux avec ton imagination. Donc voilà, t'es de retour. Tu ne rentres pas tout de suite, non, non! Depuis le temps, t'as paumé les clés eh, ducon! J'te passe les détails du serrurier, ça ferait rien qu'nous emmerder. Alors bon, ça y est, cette fois c'est la bonne, tu rentres! Et voilà t-y pas qu'te saisit aux naseaux une de ces odeurs mon salaud, à t'en faire éclabousser le carrelage de tes tripes qui elles, pas connes les tripes, ne cherchent qu'à se carapater loin de cette tortionnaire de truffes. Tu les vois, elles se barrent, on dirait un poulpe qui s'aventure hors de l'eau. Toi, tu restes là, les narines décalottées, complètement déboussolé et te demandant d'où pourrait provenir une telle dégueulasserie odorante. T'en es déjà à envisager des réponses métaphysiques lorsque la vérité surgit: la vaisselle. C'est con, tu l'avais laissée en plan avant de te barrer, tu prévoyais peut-être de revenir rapidement, juste le temps d'aller chercher un paquet de camel au tabac du coin (Moi ça va, je fume pas. Les tabacs j'y vais juste pour me payer des sucettes. Mais évidemment, ça le fait moins. L'écriture elle aime le tabac, pas les sucettes.). Après, tu sais plus, blackout. 
 
C'que je viens d'exposer c'est, de manière plus foireusement imagée, ce que j'ai vécu ce soir lorsque j'ai voulu me reconnecter, après presque deux ans de mutisme. Passé l'obstacle du mot de passe oublié, me voilà à nouveau connecté. A peine ai-je reconnu les lieux que me saute à la gueule une page de rédaction, et même pas vierge! Remplie de mots qu'elle était. Un brouillon, laissé tel quel, et heureusement. Comme s'il m'avait attendu depuis tout ce temps, brave chien-chien guettant la porte d'entrée, la queue en éventail lorsque retentit le déclic de la serrure et se préparant à faire la fête au gentil maî-maître. Et bon, bref, on va pas s'éterniser quand même. Maintenant, j'suis
ici. Y'a que la boîte aux lettres qui change, le nom reste le même. Je dis ça au cas où il y aurait encore quelques passages dans le coin. J'espère qu'il y en a, que je ne suis pas seul sur cette page post-apocalyptique